Nous n’avons pas seulement à puiser en nous : il faut que l’eau scintille dans le puits — car elle y tombe en pluie autant qu’elle sourd de ses profondeurs. Cette eau parfaitement limpide et saisissante, par la magie des mains en coupe, ce sont les mots.
Les mots, bien sûr : des fleurs tombées, des météores, une bouche de volcan pour les articuler et, de l’autre coté, transluminescence, multiplicité, des visages penchés.
J’ai toujours vu la vie comme un chemin entre naissance et mort — (…)
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Visage
Articles
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Les cerises des mots
15 mai 2023, par Jean-Christophe Sekinger -
Le silence et les mots
24 juillet, par Jean-Christophe SekingerAvez-vous remarqué ? On peut rompre le silence relatif en faisant du bruit : il est rompu, cela fait un trou dedans. Mais le silence absolu, tout y apparaît, tous les bruits, les pointillés bruyants, la dentelle du silence discutable et incomplet qui sépare et unit, qui voile les visages comme une ombre d’ombrelle et les rivages comme une écume…
On dit : le silence après du Mozart, c’est encore du Mozart. Bon. Mais quand cela cesse-t-il ? et avant Mozart, ce silence, est-il déjà de lui ? (…) -
Scintillant et mouvant comme le sable
19 juillet, par Jean-Christophe SekingerL’arrière du monde, invisible du monde, croisée du monde, c’est là : je vois le ciel radieux, je vois ta joie, ton sourire, toi, le chemin sous tes pas, les miens qui boitent vers toi, mes genoux hésitants, mon ventre, mon torse et au dessus, où devrait être mon visage… le rien du tout.
Je pense au titre du livre de Céline Masson et Jean-Luc Parant : La Vie vaut la peine d’être visage.
Ce visage est une surface non-orientable : impossible, inconcevable, sans intérieur (vu de « (…) -
Cette nuit, j’ai rêvé de Jean Bouchart d’Orval
29 juin, par Jean-Christophe SekingerCette nuit, j’ai rêvé de Jean Bouchart d’Orval. Un rêve puissant. Sans cesser de sourire et de me parler, d’une voix douce et forte, il s’est instantanément approché très près de moi, sans avoir marché pourtant. Son visage était immense, abîmé et clair. Il m’a parlé de choses simples qui sont aussi un mystère.
Ce matin, je ne me les rappelle pas.
Je me dis maintenant que le cœur éclaire les fleurs et qu’en retour, comme cela se voit si bien chez les enfants, les fleurs éclairent les (…) -
Dieu le peut
2 juin, par Jean-Christophe Sekingerje ne peux pas tout faire, la tâche est si grande ! mais Dieu, par mes mains, le peut. je ne peux pas recevoir tout le monde, dans mon petit appartement ! mais Dieu, dans l’infinie maison de mon visage, le peut. je ne peux pas aimer chacun de vous, surtout pas ceux-là, qui se font détester ! mais Dieu, soufflant doucement dans mon cœur trop étroit, le peut.
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Signe de Croix
24 avril, par Jean-Christophe SekingerJe viens de réaliser (mais j’enfonce peut-être une porte déjà ouverte) que le beau Signe de Croix des Chrétiens, « la Grande Signation » du XIᵉ siècle, n’a pas uniquement une signification théologique, il a aussi une lecture « naïve », immédiate (que les Chrétiens excusent ma poésie) : Le Saint Esprit me dé-visage, du front à la poitrine, et j’esquisse « la laisse de mer », d’une épaule à l’autre, entre marée haute du monde et sable étoilé de Dieu.
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Geste délicat
2 janvier, par Jean-Christophe SekingerGeste délicat de prendre le ciel entre les doigts et de le poser sur son visage.
De le laisser prendre place. -
Tout le monde est là !
17 décembre 2025, par Jean-Christophe SekingerAujourd’hui, dans le calendrier julien, c’est le mercredi 17 décembre 2025.
De ma petite histoire aérienne, c’est le matin 22505.
Dans cette gloire timide de la lumière de l’aube, c’est le Jour.
Je parle avec ma mère,
elle est la part de moi qui a peur de la mort
et que je berce.
J’ai tant de visages et de voix, de langues étrangères et de corps différents,
de scintillements dans les vitrines, de nuages gris et de bruine légère !
Tout le monde est là ! -
Recomposer le corps et son monde
13 novembre 2025, par Jean-Christophe SekingerÀ chaque instant, je recompose le portrait-robot de mon visage d’après celui que j’entrevois, inversé de gauche à droite dans les miroirs, les vitrines, les regards portés sur ma petite personne et les descriptions qui m’en sont faites, je fais de même avec mon corps, que je ne vois jamais entier, toujours sans dos, toujours sans tête et retourné de bas en haut [1], je le fais aussi du sol sous mes pieds, à chacun de mes pas sur cette îlot mouvant, je le fais du monde que j’éprouve et, a (…)
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L’avers et l’Ouvert
26 novembre 2025, par Jean-Christophe SekingerEn numismatique, l’avers est la face des pièces de monnaie qui porte l’effigie de « l’autorité émettrice » mais Dans mon dictionnaire imaginaire, l’avers est ma face étrangère, mon visage pour les autres, ce que les autres en voient, ce qu’un miroir en montre. or À la Première Personne, je ne vois pas l’envers, rien ne trouble ma vue : tout ici est l’Ouvert !
[ Aléa et illustré ]