Nous n’avons pas seulement à puiser en nous : il faut que l’eau scintille dans le puits — car elle y tombe en pluie autant qu’elle sourd de ses profondeurs. Cette eau parfaitement limpide et saisissante, par la magie des mains en coupe, ce sont les mots.
Les mots, bien sûr : des fleurs tombées, des météores, une bouche de volcan pour les articuler et, de l’autre coté, transluminescence, multiplicité, des visages penchés.
J’ai toujours vu la vie comme un chemin entre naissance et mort — (…)
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Lumière
Articles
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Les cerises des mots
15 mai 2023, par Jean-Christophe Sekinger -
Un chant
8 novembre 2023, par Jean-Christophe SekingerY a-t-il une musique qui ne mette en avant ni son compositeur, ni son parolier, ni son interprète ? Une mélodie dessinée et liée par les paroles et non l’inverse ? Des paroles dictées par la ferveur, à de lointains anonymes souvent ? Un chant modal et monophonique ? Sans rien qui vienne l’obscurcir : un chant qui ne parle que de, et depuis la lumière ?
Vous le trouverez bien.
Il me rappelle mon enfance, la droiture de ma grand-mère, la voix de basse de mon grand-père, la petite église (…) -
L’Âme est semblable au ciel
8 août 2023, par Jean-Christophe SekingerL’Âme est semblable au ciel : ils sont illimités, et n’ont d’autres couleurs qu’Étendue (dioptriques) et Nuées (catoptriques).
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De grandes ailes
3 novembre 2023, par Jean-Christophe SekingerÊtre réveillé au milieu de chaque nuit ne me dérange plus. Il y a peu de temps encore, j’en étais tourmenté et je soupirais de ne pas me rendormir — or ces réveils ne sont pas sortir du sommeil par où nous y sommes entrés mais des occasions de vivre l’étendue de la lumière et la façon qu’elle a d’être invisible si elle ne touche rien…
« La lumière ne se montre pas lorsqu’elle voyage, elle voyage dans le noir, et le ciel reste froid, mais qu’elle touche une lune : elle s’étale au grand (…) -
Voir dans le noir ?
8 novembre 2023, par Jean-Christophe SekingerVoir ou ne pas voir. Ou les yeux sont fermés, ou les yeux sont ouverts… Il y a un mystère entre les deux. Et il manque un mot. Quand le regard traverse les paupières, que la lumière traverse la nuit du corps et se pose directement sur l’âme qu’elle éclaire ?
Percevoir ?
Ça ne va pas : le mot est anguleux. Rien n’est « percé », rien n’est heurté dans cette absence.
Souvent, mes yeux ne me servent à rien, qu’à contempler des conopées de satin : fruits brillants, visages éclairés, ciels (…) -
Début de la 22776ᵉ journée
14 septembre, par Jean-Christophe SekingerOn est encore allongé. On n’a pas ouvert les yeux. Arrivent les premières pensées. Elles sont rares et claires, vont à l’endroit et à l’envers. Par « claires », je veux dire « comme de l’eau » : transparentes, évidentes pourtant, fluides et ténues : ce sont des fils d’argent que l’air pourrait briser.
Peu à peu, revient la masse du corps, par le bas, sa marée nous submerge lentement, il réordonne les pensées selon sa propre gravité : la causalité du poids des choses, leur pondération. Cela (…) -
Tournures impersonnelles et sourire
7 septembre, par Jean-Christophe SekingerChacun a ses propres irritations sans doute, en tous cas, la mienne depuis quelques temps tourne comme un gypaète barbu autour d’un tic de langage, une gymnastique d’énallage propre à certains milieux spirituels et qui consiste à éviter de dire « je » — plus précisément, à remplacer ce pronom personnel par un pronom démonstratif neutre, impersonnel, souvent flanqué d’un adverbe de lieu : « ça ressent la peur ici » ou « ça ne cherche plus (c’est éveillé) »…
Je trouve quelque chose de doux (…) -
L’or de la lumière
31 août, par Jean-Christophe SekingerNous avons deux yeux. Tu sais que nous avons deux yeux. Même pas besoin de toucher tes paupières : tes lunettes le confirment, le miroir de la salle de bains aussi. C’est tellement évident !
Cependant, un jour, je ne me suis pas reconnu dans le miroir ; ça a duré moins d’un instant de stupeur (heureusement d’ailleurs pour ma santé mentale) ; j’ai seulement réalisé, instant fulgurant et inimaginable, que je ne suis pas qui je parais être, à un mètre de distance, là-bas, dans le miroir — le (…) -
Traversés par le jour
12 août, par Jean-Christophe SekingerDepuis plusieurs matins, je suis arrêté à un endroit de la Place du Maucaillou, regardant la Tour Saint Michel : les ajours « quatre-feuilles » de sa flèche de pierre… comme elle, soyons de part en part traversés par le jour, comme elle, ajourés.
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Il y rayonne et nous éclaire
12 juin, par Jean-Christophe SekingerTraversez la route quand une voiture arrive et vous verrez si « en réalité, il ne se passe rien ». Le corps (chair, sensations, émotions, sentiments, pensées…) est un fragile agrégat transluminescent qui peut être facilement trompé, menacé voire détruit. À quel endroit et à quel moment ne se passe-t-il donc rien ? juste dans ces pensées qui disent « en réalité, il ne se passe rien », pensées qu’un événement inattendu déchire dans le grand bruit de « il se passe une chose terrible » ; au (…)
[ Aléa et illustré ]