L’esprit souffle dans l’âme, qui souffle dans le corps, qui souffle alors sur l’encre qui dessine un arbre.
Le verre est une lave, il est incandescent. L’esprit souffle sa vie dans le verre du corps. Ce qu’il y a d’esprit dans le vaisseau de verre, nous l’appellerons âme.
« La fiole de rosée » qui s’élève au Soleil, redevient transparente, les gestes se font lents et quand le verre se brise, nous disons : c’est la mort. L’âme a rejoint l’esprit — et l’air a rejoint l’air.
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Air
Articles
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« La fiole de rosée »
5 octobre 2023, par Jean-Christophe Sekinger -
Quel livre ?
6 avril, par Jean-Christophe SekingerJe viens de lire les premiers mots d’un message publicitaire : « découvrez des extraits d’un livre fondamental […] » et je me demande aussitôt : quel livre pourrait l’être ? Lequel serait assez pur et simple, silencieux et vaste ?
-- Le livre du ciel bleu ?
Nous autres, orgueilleux et illettrés, aurions-nous donc écrit aux fondements de l’être ?
-- Le livre de l’air, aux grandes ailes blanches ? -
Lumineux, sans limite et silencieux
16 juin 2025, par Jean-Christophe SekingerCe matin, 22321ᵉ de ma vie aérienne, j’aimerais juste faire silence en moi, alors les mots, je les fais partir du bout de mes doigts. Le monde va très mal. Je n’entre pas dans le détail (c’est déjà bien assez d’avoir à traverser les insanités de notre espèce sans être en plus assailli par leur description), mais il y a en moi quelque chose qui va très bien. Ça n’est pas « moi », c’est « en moi » (et c’est aussi en chacun, sinon nous nous effondrerions comme des tas de chiffons). C’est (…)
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Le chemin de la lumière
3 mars 2025, par Jean-Christophe SekingerLe chemin de la lumière jusqu’à toi, passe par mon cœur, mes émotions, contradictions, pages arrachées, phrases raturées, il se ramifie dans mes poumons, se resserre dans ma bouche, s’assemble dans une parole… portée par l’air entre nous, vers tes oreilles, bondissant sur tes hésitations et certitudes, par tes vallées, et altitudes, et, depuis la porte ouverte de ton cœur, elle traverse ta maison éclairée.
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Verticalement
25 août 2024, par Jean-Christophe SekingerIl ne sert à rien de vouloir changer quelque chose à la morale sociale, à la politique, et en général à toute configuration collective, sans se transformer d’abord soi-même.
Or il ne s’agit pas de se transformer horizontalement, en tant qu’individu-dans-le-monde, mais verticalement, en tant qu’âme doucement agrégée, ralentie par l’air, frottée d’Ombre Brûlée et de Bleu Outremer. -
Une infinité de fois
5 mars 2024, par Jean-Christophe Sekinger« Combien de fois dois-je lui pardonner ?
Jusqu’à sept fois ? » [1]
Une infinité de fois, se pardonner à soi-même : laisser Dieu le faire — la lumière, la transparence de l’air ; et pardonner à nos frères la même infinité de fois : laisser encore Dieu agir à travers soi — parler par notre bouche, accueillir par nos bras. -
La vie
1er janvier 2024, par Jean-Christophe SekingerLa vie est un mouvement continu dont nous ne percevons que des instantanés : duplications ad libitum d’un moment disparu.
La vie est la lisière mouvante et fluorescente d’une incommensurable forêt d’arbres morts.
La vie, un instant, a l’éclat du soleil mais une ombre, toujours, plus noire qu’Érèbe.
Mais la vie est un bloc d’air entre mes mains et je le mets sur mon visage. -
La forge vive
21 juin 2023, par Jean-Christophe SekingerLe cœur est une forge vive les poumons soufflent sur ses braises et le ciel entier nous épouse ( il nous acclame sans un bruit)
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Deux invisibles
19 juin 2023, par Jean-Christophe SekingerIl y a deux sortes d’invisible :
-- l’invisible des extrapolations, des prévisions et probabilités, des notes avisées de ce qui n’existe pas encore (et n’existera peut-être jamais), à partir de ce que nous savons déjà : celui des bulletins météo, des agendas, des mensonges…
-- et l’invisible des rêves et des songes, qu’on soit endormi ou non : né de nos émotions (mais comment y est-il arrivé ? par quels chuchotements ?), il traverse les sentiments et atteint la surface des mots les plus (…) -
Voir, c’est recevoir
18 juin 2023, par Jean-Christophe SekingerCet homme dans la rue, il court ; je ne le vois pas mais je l’entends : il court à travers le regard qui est à travers la fenêtre derrière moi, à travers le rideau, le dossier de la chaise — le tramway qui tourne en arrivant du pont.
Le regard, immobile, où personne n’est allé : il est dans la pièce à côté et nous allons à sa rencontre, il est à l’intérieur des pierres et des visages (même tournés, les yeux fermés), il est toute l’odeur, et l’odeur est tout lui, il est dans tout le corps (…)
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[ Aléa et illustré ]