Nous n’avons pas seulement à puiser en nous : il faut que l’eau scintille dans le puits — car elle y tombe en pluie autant qu’elle sourd de ses profondeurs. Cette eau parfaitement limpide et saisissante, par la magie des mains en coupe, ce sont les mots.
Les mots, bien sûr : des fleurs tombées, des météores, une bouche de volcan pour les articuler et, de l’autre coté, transluminescence, multiplicité, des visages penchés.
J’ai toujours vu la vie comme un chemin entre naissance et mort — (…)
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Conscience
Articles
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Les cerises des mots
15 mai 2023, par Jean-Christophe Sekinger -
Les mains, le nid, la coupe
29 mars 2023, par Jean-Christophe SekingerSouvent, je me demande qui comprend ce que j’écris ? Et comment ? J’aimerais le savoir et écouter ce que tu dis, longtemps, assez longtemps pour être comme des mains ensemble, qui font un nid ou une coupe — accueillir les œufs bleus des paroles, recueillir l’eau du ciel.
29 mars 2023
jour 20511 -
Sur l’antériorité de la conscience
11 octobre, par Jean-Christophe SekingerIl est sûr qu’avant-même d’être né, j’ai un vouloir qui acquiert, peu à peu, les moyens de s’exprimer. Cet espace d’être, grandit à mesure que se démultiplie la première cellule, que se modèle et sculpte le corps.
Se retrouve là un exemple du Paradoxe sorite : à partir de combien de cellules y a-t-il un corps humain ?
L’assemblage du fœtus dans le ventre maternel est lui-même le maillon d’une longue chaîne de vouloir qui parcourt l’univers et les éons, autant qu’on puisse le savoir, en (…) -
Une seule conscience
9 octobre, par Jean-Christophe SekingerQuelqu’un vous parle. Sa voix fait résonner les mots apparus dans sa conscience [1].
Ces mots apparaissent aussi dans votre conscience.
Ont-ils voyagé ? Ont-ils sautés d’une conscience à l’autre, de sa conscience à la vôtre ou n’y aurait-il qu’une seule conscience ? ces mots ne sont-ils pas apparus dans la conscience de celui qui les a prononcés, au moment et à l’endroit-même où vous les avez entendus — dans une seule conscience, de lui à vous ? Et ces mots, comment lui sont-ils donc (…) -
Qui dira le bleu du premier jour ?
21 juillet, par Jean-Christophe SekingerQui dira le bleu du premier jour, la façon qu’ont les bruits de s’y ranger impeccablement ? Le roucoulement, la valise sur les pavés, l’acouphène, la porte claquée, la sirène d’ambulance, la voix, le grincement… tous inattendus et parfaitement dimensionnés, ajustés, scénarisés. Ajoute à ça les sensations physiques : raideur, froid, nœud coulant entre chaleur et pulsation, douceur vibratile, démangeaison volatile… astres éclairés dans la nuit étendue, poussières dansant dans la lumière, nuée (…)
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Loin du sommeil ?
26 juin, par Jean-Christophe SekingerQuatre heures ont passé depuis que je me suis réveillé et levé. Est-ce déjà loin ? Oui et non.
« Oui » : c’est la réponse de l’horloge à cette question — ses aiguilles ont tourné, le clocher de l’église à déjà sonné huit fois.
« Non » : c’est la non-réponse qui vient du silence — cette éternelle indétermination dont rien ne modifie la perfection, l’inépuisable profusion et l’infinie fertilité. -
Das Stilleben
16 avril, par Jean-Christophe SekingerSoudain, sans aucun bruit, les objets sont là, au centre de l’être, la présence calme des choses, das Stilleben.
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Le Grand Large de la Conscience
2 janvier, par Jean-Christophe SekingerÉmanation, agrégat, égrégore, précipité, condensat… l’individu est apparu, on ne sait comment, et il existe. De même, un jour ou l’autre, il retournera dans le bac à argile et il vaut mieux ne pas en attendre autre chose.
Il est, en effet, dans la nature des êtres animés ou non,
d’apparaître, d’exister et de disparaître,
de clignoter un instant,
quelque temps,
dans le Grand Large de la Conscience. -
Au même Endroit
12 décembre 2025, par Jean-Christophe SekingerCette maison, là-bas, apparaît dans ma conscience, cette vastitude dans laquelle apparaît aussi mon épaule douloureuse, ces jeunes qui se disputent sur le trottoir devant la pharmacie, cette idée qui nous traverse, toi ou moi, ces lunettes dont je viens de nettoyer les verres…
Où est la limite entre ces choses ? Certes signifiantes, identifiables, détachées et serties, je ne vois pourtant rien qui les sépare vraiment les unes des autres — bien au contraire : la conscience les réunit, (…) -
Le Soleil
28 novembre 2025, par Jean-Christophe Sekinger« Je me suis mis à regarder de plus près. Non pas plus près des choses mais plus près de moi. A regarder de l’intérieur, vers l’intérieur, au lieu de m’obstiner à suivre le mouvement de la vue physique vers le dehors. Cessant de mendier aux passants le soleil, je me retournai d’un coup et je le vis de nouveau : il éclatait là dans ma tête, dans ma poitrine, paisible, fidèle. Il avait gardé intacte sa flamme joyeuse : montant de moi, sa chaleur venait battre contre mon front. Je le cherchais (…)
[ Aléa et illustré ]