On est encore allongé. On n’a pas ouvert les yeux. Arrivent les premières pensées. Elles sont rares et claires, vont à l’endroit et à l’envers. Par « claires », je veux dire « comme de l’eau » : transparentes, évidentes pourtant, fluides et ténues : ce sont des fils d’argent que l’air pourrait briser.
Peu à peu, revient la masse du corps, par le bas, sa marée nous submerge lentement, il réordonne les pensées selon sa propre gravité : la causalité du poids des choses, leur pondération. Cela (…)
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« Ce que songe le peintre »
- Aléa et illustré est une anagramme de ailleurs la tête
- quelques tableaux sur Facebook
- un site « pro »
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Début de la 22776ᵉ journée
14 septembre, par Jean-Christophe Sekinger -
Un peu de beauté
8 septembre, par Jean-Christophe SekingerJe veux parler de « beauté terrestre », celle qui « réveille le souvenir de la beauté véritable » écrit Platon dans Phèdre, celle pour laquelle je peins, chante, aime, goûte le vent et prends les fleurs à pleine mains, beauté pour laquelle, écrit encore Platon, « l’âme revêt des ailes » et « brûle de prendre son essor ».
Je cite encore Platon : « […] l’homme dont l’initiation est ancienne ou qui s’est laissé corrompre, a peine à remonter d’ici-bas, dans l’autre monde, vers la beauté (…) -
Peintre du dimanche
29 août, par Jean-Christophe SekingerSi je vous disais que je peins avec la même candeur que lorsque j’avais quatorze ans (il y aura bientôt cinquante ans), je me demande ce que vous imagineriez. Certes, je n’ai plus les mêmes habiletés perceptives, elles sont devenues savantes et se sont un peu courbées ; mon énergie a diminué aussi ; quant à mon habileté manuelle, elle revient doucement à ce qu’elle fut dans ma petite enfance !
J’avais trouvé dans le grenier de la maison de ma grand-mère un petit livre de la jeunesse de ma (…) -
Insouciant ?
25 juillet, par Jean-Christophe SekingerJe me demandais à l’instant si j’étais insouciant pour la raison que « je ne veux pas de soucis ». Ça n’est pas si simple : personne n’aime les soucis (pas les fleurs, les emmerdes…), et il ne me semble pas les éviter plus que la majorité de nos contemporains ne le font.
Par contre, si j’avais deux sous d’imagination, je peindrais autre chose que ce que j’ai sous le nez : voilà pourtant plus de quarante ans que je ne peins que des coquillages que j’ai ramassés, des œufs que j’ai cassés, (…) -
Qui dira le bleu du premier jour ?
21 juillet, par Jean-Christophe SekingerQui dira le bleu du premier jour, la façon qu’ont les bruits de s’y ranger impeccablement ? Le roucoulement, la valise sur les pavés, l’acouphène, la porte claquée, la sirène d’ambulance, la voix, le grincement… tous inattendus et parfaitement dimensionnés, ajustés, scénarisés. Ajoute à ça les sensations physiques : raideur, froid, nœud coulant entre chaleur et pulsation, douceur vibratile, démangeaison volatile… astres éclairés dans la nuit étendue, poussières dansant dans la lumière, nuée (…)
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Symétrie obscure
19 mai, par Jean-Christophe SekingerL’expérience de 1990 a donc été solaire, étincelante, aveuglante… mais son invraisemblable lumière a éclipsé un deuxième événement : obscur, celui-là, dangereux, terrifiant… Je n’ai jamais vraiment pu en parler, faute de le comprendre et par peur des interprétations qui auraient pu m’en être données. Mais en écoutant à l’instant le témoignage de Florine Soulié, répondant à Didier Weiss, et hier l’enregistrement d’un satsang donné par le même et au cours duquel, à deux ou trois reprises, il (…)
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Absolument Soi, absolument Joie
12 mai, par Jean-Christophe SekingerDepuis la nuit d’hier, tournent en moi des réflexions autour de la question de la liberté, du libre-arbitre (suite à un enregistrement de Didier Weiss, ancien disciple de Ramesh Balsekar). il me semble que c’est une question très importante : j’ai fait un geste « imprévisible », pour vérifier si je suis libre ; eh non : j’ai fait ce geste parce que j’y ai pensé, et j’y ai pensé à cause de Didier Weiss ; j’ai pensé à Didier Weiss à cause de José le Roy qui a parlé plusieurs fois de lui ; (…)
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La volonté du monde
11 mai, par Jean-Christophe SekingerQuand comprendrons-nous, quand saurons-nous pour sûr et par cœur, que ça n’est pas nous qui allons vers le monde avec notre volonté, mais que c’est le monde lui-même, dans sa majesté, qui vient vers nous avec la sienne ?
Il nous est facile d’accepter les conséquences de nos actions si elles sont heureuses, nous en attribuant même souvent la paternité, mais quand en accepterons-nous aussi les conséquences malheureuses puisque jamais nos actions ne furent de notre volonté mais de celle du (…) -
… et le silence est là
12 avril, par Jean-Christophe SekingerCe soir, pour la première fois de la journée, j’ai chaud aux mains : douce radiation.
C’est une bonté.
Je ne vois pas de différence.
Si tous les mots pouvaient s’annuler, se fondre les uns dans les autres lorsque plus rien ne les différencie !
Quand tous les mots fusionnent et se déposent, on ne sait plus quoi dire et le silence est là. -
Ne reste que le Silence
7 avril, par Jean-Christophe SekingerEnfant, enfant de chœur avec mon aube trop courte, parfois, je regardais une statue de la Vierge, sans ciller, jusqu’à ce qu’elle disparaisse, Jésus compris, dans le gris tremblant des complémentarités de teintes et de valeurs.
Aujourd’hui, à bientôt soixante deux ans, le Silence n’est plus seulement un choix, un peu tremblant, une fixation : Il s’impose royalement.
Parce que les montagnes et les vallées, la violence et la douceur, le courage et la lâcheté, la dureté et la tendresse, la (…)
[ Aléa et illustré ]