Nous n’avons pas seulement à puiser en nous : il faut que l’eau scintille dans le puits — car elle y tombe en pluie autant qu’elle sourd de ses profondeurs. Cette eau parfaitement limpide et saisissante, par la magie des mains en coupe, ce sont les mots.
Les mots, bien sûr : des fleurs tombées, des météores, une bouche de volcan pour les articuler et, de l’autre coté, transluminescence, multiplicité, des visages penchés.
J’ai toujours vu la vie comme un chemin entre naissance et mort — (…)
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Esprit
Articles
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Les cerises des mots
15 mai 2023, par Jean-Christophe Sekinger -
La parole donnée
8 octobre 2023, par Jean-Christophe SekingerL’esprit qui se condense est l’âme. L’âme qui se resserre est le corps. (l’âme est une buée sur la vitre du corps). Dans le ciel de l’esprit, un nuage de l’âme, Le corps est une pluie plus ou moins forte ou fine (averse ou bruine). L’esprit en est la source l’âme est une rivière le corps, un lit de pierres (et les pierres somnolent). Le plus léger de l’âme a une forme d’ange, le plus lourd est le corps (et il grandit encore). Le plus léger du corps est la parole donnée (…)
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« La fiole de rosée »
5 octobre 2023, par Jean-Christophe SekingerL’esprit souffle dans l’âme, qui souffle dans le corps, qui souffle alors sur l’encre qui dessine un arbre.
Le verre est une lave, il est incandescent. L’esprit souffle sa vie dans le verre du corps. Ce qu’il y a d’esprit dans le vaisseau de verre, nous l’appellerons âme.
« La fiole de rosée » qui s’élève au Soleil, redevient transparente, les gestes se font lents et quand le verre se brise, nous disons : c’est la mort. L’âme a rejoint l’esprit — et l’air a rejoint l’air. -
« Comme les nuages »
4 octobre 2023, par Jean-Christophe SekingerComme les nuages qui semblent se former à partir de rien, le jardin du monde se déploie à partir du portail.
Musiques à l’orée du silence.
Où le ciel était bleu, apparaît une volute minuscule et mouvante. Elle grandit et ouvre sa corolle de glace, semble un visage pour un instant.
Le portail est ouvert et apparaît le monde sous mes pas, verger vivant, abeilles, chemins de terre, coulées de boue, ombres bleues, tourbillons, enfants et tous aïeux d’antan.
L’esprit souffle dans le (…) -
Illimité, nocturne, étoilé ?
30 septembre 2024, par Jean-Christophe SekingerQui suis-je ? Indéniablement, moi-même. Cette tautologie, généralement, suffit à circonscrire le mystère : il y a le dedans et le dehors, le moi et le non-moi. Faut-il y regarder de plus près ? Non, c’est tout vu.
Pourtant je regarde encore : où sont mes limites alors ? Il s’avère que, de l’intérieur, de première main, il est bien moins facile de les trouver : je croyais que mon corps était d’un seul bloc or je ne devine que deux ou trois fragments épars de bandelettes effrangées et (…) -
« Lumière de la lumière »
30 août 2024, par Jean-Christophe SekingerUne fois encore, je l’écris (c’était un autre jour) : nous ne changerons rien au pouvoir politique si nous ne nous transformons, nous-même, d’abord, dans le silence et le secret, imprévisiblement, à l’endroit exact où nous sommes (quel est donc cet endroit où je suis seul à exister ?). Nous ne saurons pas d’avance où nous mène cette découverte de nous-même, ce dévoilement, cette apocalypse — ce que nous devons savoir pour commencer, dans le silence du jour et le secret de l’ombre, c’est « (…)
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Ce monde est illimité
10 septembre 2023, par Jean-Christophe SekingerCette nuit, j’ai rêvé
Au premier abord, je vois qu’on peut rêver des choses stupides : par exemple, d’être aimé par quelqu’un qui nous déteste manifestement.
On pourrait se dire aussi qu’après tout, l’amour peut « triompher de toute adversité », ou que l’inconscient ceci, ou que la culpabilité cela…
En y regardant plus attentivement, je vois que j’aurais pu, dans mon rêve, me fier à une intuition, toute étroite dans l’obscurité, un rai de lumière sous la porte : elle avait un regard (…) -
Un mystère de poisson et de fleur
17 juin 2023, par Jean-Christophe SekingerPar quel mystère, l’immense et terrible confusion qui me constituait descend-elle jour après jour au point que je ne sache déjà plus très bien qui je suis ? Descendant, elle crée un vide, une inspiration de lumière, et me laisse hébété !
Oui, quel est ce mystère — si tant est qu’il soit vraiment quelque chose lui qui est tout-ce-que-je-ne-sais-pas, qui est l’ignorance-même, et l’hébétude ?
C’est un mystère de poisson, d’éclat d’argent, un saumon de lumière qui remonte les cascades, veut (…) -
Estran de l’âme
5 juin 2023, par Jean-Christophe SekingerIl est évident que le corps est l’estran de l’âme et que l’âme est une marée, flux et reflux de l’esprit. Évident que le corps aussi, est la forme de l’air, de la respiration, de notre âme, et que tout l’air est l’esprit (on dit bien des poètes, quelle que soit leur poésie, des prophètes aussi, qu’ils sont inspirés).
Peindre les petites choses, les voir seulement, les éprouver (plus largement), c’est peindre les rubans des laminaires ou les flotteurs des fucus, toutes algues translucides (…) -
Souvenir présent
30 mai 2023, par Jean-Christophe SekingerEn passant devant cette vitrine, j’ai songé à P. C’était son atelier. L’esprit garde-t-il l’empreinte des êtres disparus, l’empreinte de leur âme ? ou non : une densité plus grande ? une bigarrure mouvante ? un parfum familier ?
Ce souvenir était parfaitement présent.
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[ Aléa et illustré ]