Nous n’avons pas seulement à puiser en nous : il faut que l’eau scintille dans le puits — car elle y tombe en pluie autant qu’elle sourd de ses profondeurs. Cette eau parfaitement limpide et saisissante, par la magie des mains en coupe, ce sont les mots.
Les mots, bien sûr : des fleurs tombées, des météores, une bouche de volcan pour les articuler et, de l’autre coté, transluminescence, multiplicité, des visages penchés.
J’ai toujours vu la vie comme un chemin entre naissance et mort — (…)
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Regard
Articles
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Les cerises des mots
15 mai 2023, par Jean-Christophe Sekinger -
Aux limites du temps
30 juin 2022, par Jean-Christophe SekingerOn perd d’abord notre enfance puis, les années passant, on perd son temps, on perd nos illusions, on perd notre acuité, on perd la mémoire, on perd la souplesse, on perd ses dents, on perd ses cheveux, on perd son autonomie, on perd ses forces et, un jour, immanquablement, on perd la vie.
On y gagne de voir de plus haut (où il fait nuit et jour à la fois), on y gagne en patience de chercher ses mots ou de garder le silence, on y gagne aux couleurs des saisons, on y gagne de boire (…) -
Espace du regard
4 octobre, par Jean-Christophe SekingerLes regards sont interchangeables. Vous pouvez mettre le vôtre à la place du mien. Mais y a-t-il plusieurs regards ? n’y en a-t-il pas qu’un, espace ouvert de la présence, espace du regard ?
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L’or de la lumière
31 août, par Jean-Christophe SekingerNous avons deux yeux. Tu sais que nous avons deux yeux. Même pas besoin de toucher tes paupières : tes lunettes le confirment, le miroir de la salle de bains aussi. C’est tellement évident !
Cependant, un jour, je ne me suis pas reconnu dans le miroir ; ça a duré moins d’un instant de stupeur (heureusement d’ailleurs pour ma santé mentale) ; j’ai seulement réalisé, instant fulgurant et inimaginable, que je ne suis pas qui je parais être, à un mètre de distance, là-bas, dans le miroir — le (…) -
L’or des paysages
4 avril, par Jean-Christophe SekingerLire Maître Eckhart est un grand bonheur pour peu qu’on ait — ou qu’on ait eu, même brièvement — l’expérience de ce dont il parle — et peu importe de trouver son chemin entre les différentes traductions, littérales, poétiques, modernes… le cœur saura traduire les traductions dans le silence de l’âme : les mots nous retournent le regard vers « le fond sans fond » (sermon 42, traduction de Laurent Jouvet), ce fond d’or, « le gris ou l’or de l’arrière-fond » qu’évoque R.M. Rilke dans ses « (…)
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En Lui
3 janvier, par Jean-Christophe Sekinger« Il ne peut pas y avoir Dieu et un oiseau en plus »
Christine Morency
Autrement dit, de façon moins belle et moins concise : Dieu crée cet oiseau, en permanence, chante par lui — je me rappelle cet Évangile apocryphe, je ne sais plus lequel [1], où Jésus, enfant, modèle des oiseaux d’argile et leur insuffle, littéralement, la vie : L’oiseau s’extrait du ciel et des chemins de terre mais demeure sous le regard de Dieu : s’envole et se pose en Lui. -
Le Regard nous regarde
18 novembre 2025, par Jean-Christophe SekingerIl y a un moment où le Regard s’impose à travers la vision et les oiseaux se posent et chantent à travers lui ou bien c’est notre corps qui s’y avance, les yeux ouverts ou fermés (c’est la même chose) : le corps traverse le Regard, il s’y déplace comme un enfant, en embellie, en ouverture illimitée : le Regard nous regarde. Il est le chemin d’air entre les arbres, le Soleil scintillant à la nacre des cils vivant aux bords du ciel
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Notre éternité
16 octobre 2025, par Jean-Christophe SekingerJe m’efface à l’instant où je me vois parti et brouillé. Je me tiens dans cette simple évidence et clarté : « je marche dans mon regard », la rue avance vers Cela, et c’est comme marcher dans le vide : on tombe si l’on a peur, dans l’oubli de notre certitude et de notre éternité.
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Je marche dans mon regard
10 octobre 2025, par Jean-Christophe SekingerJe marche dans mon regard et je ne vais nulle part — regard qui me dépasse dans toutes les directions bien qu’il n’en ait aucune — la rue avance en lui, illimité, silence et immobilité.
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Le « grand je ne sais pas »
9 octobre 2025, par Jean-Christophe SekingerPendant des années, j’ai enseigné et pratiqué le dessin en perspective dite « naturelle » : un point O est dans un œil, au centre du cristallin (l’autre œil est fermé) et des « rayons visuels » en partent vers les points extrêmes ou remarquables des dimensions apparentes du monde : hauteurs, largeurs et profondeurs. Ces « rayons », segments de droite entre O et les dimensions apparentes du monde, coupent un plan vertical en différents points : le Plan Principal de vision, parallèle au Plan (…)
[ Aléa et illustré ]