Nous n’avons pas seulement à puiser en nous : il faut que l’eau scintille dans le puits — car elle y tombe en pluie autant qu’elle sourd de ses profondeurs. Cette eau parfaitement limpide et saisissante, par la magie des mains en coupe, ce sont les mots.
Les mots, bien sûr : des fleurs tombées, des météores, une bouche de volcan pour les articuler et, de l’autre coté, transluminescence, multiplicité, des visages penchés.
J’ai toujours vu la vie comme un chemin entre naissance et mort — (…)
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Eau
Articles
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Les cerises des mots
15 mai 2023, par Jean-Christophe Sekinger -
La parole donnée
8 octobre 2023, par Jean-Christophe SekingerL’esprit qui se condense est l’âme. L’âme qui se resserre est le corps. (l’âme est une buée sur la vitre du corps). Dans le ciel de l’esprit, un nuage de l’âme, Le corps est une pluie plus ou moins forte ou fine (averse ou bruine). L’esprit en est la source l’âme est une rivière le corps, un lit de pierres (et les pierres somnolent). Le plus léger de l’âme a une forme d’ange, le plus lourd est le corps (et il grandit encore). Le plus léger du corps est la parole donnée (…)
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Petite vie
1er octobre 2023, par Jean-Christophe SekingerC’est dérisoire, certes. Déplacé peut-être. Mais je ne peux pas m’empêcher de signaler ces petites vies saccagées. Et de leur donner un peu d’eau. Il ne faut pas laisser la grande machine broyer les vies minuscules.
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Si la colère te déborde
26 novembre 2025, par Jean-Christophe SekingerSi la colère te déborde, accepte d’être débordé. Si tu ne l’acceptes pas, accepte de ne pas l’accepter. Si c’est vraiment impossible, tu peux toujours aller marcher, mais vraiment, il faut dormir et revenir à cette eau claire où tu es né.
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Aimer est à la fois
6 juillet 2024, par Jean-Christophe SekingerAimer est à la fois la vallée, la montagne et le chemin entre elles, bordé de ronces et de roses. Aimer est simple, ondule sous les pas comme de l’or tombé d’à travers les feuillages. Aimer est mille vagues au fleuve qui remonte, une aumône de feu, visages échangés.
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Inévitable et évident
4 septembre 2023, par Jean-Christophe SekingerDepuis janvier 2021, je ne me sers plus d’eau chaude et, depuis le début de de cette année, je ne me sers plus de lumière électrique.
J’ai l’impression d’être un Robinson sur une île — mais elle est au centre-ville.
Comprenez bien : ça n’est pas une ascèse — il paraît même que ça s’appelle « hormèse ». Quoi qu’il en soit, ça n’est pas une privation pour moi, mais un retour à « la normale ».
Ça n’a pas été facile, jusqu’ici, de se doucher à l’eau froide, sauf en plein été — mais ce fut (…) -
Deux invisibles
19 juin 2023, par Jean-Christophe SekingerIl y a deux sortes d’invisible :
-- l’invisible des extrapolations, des prévisions et probabilités, des notes avisées de ce qui n’existe pas encore (et n’existera peut-être jamais), à partir de ce que nous savons déjà : celui des bulletins météo, des agendas, des mensonges…
-- et l’invisible des rêves et des songes, qu’on soit endormi ou non : né de nos émotions (mais comment y est-il arrivé ? par quels chuchotements ?), il traverse les sentiments et atteint la surface des mots les plus (…) -
Lumineux avenir
1er juin 2023, par Jean-Christophe SekingerPlusieurs réveils cette nuit. Mais au lieu de « lutter » contre eux « en cherchant » à me rendormir, je les ai acceptés et en ai profité pour me raconter mes rêves (à moi seul, puisque je suis seul). Cela se faisait encore il y a quelques temps, sous nos latitudes, rappelle Jocelin Morisson, et se fait sans doute encore dans quelques endroits protégés des abrutissements modernes.
Étourdiment, croyant pouvoir facilement me les rappeler au réveil, tant ils étaient vifs, je ne les ai pas (…) -
Où est l’eau simple ?
9 mai 2023, par Jean-Christophe SekingerVoilà donc trois ans que je mange « sensoriellement », (voir message précédent). Voilà bien plus longtemps [1] que ma vie s’élargit : si elle est un chemin, il est mille fois chantourné — elle est plutôt une clairière. La vie s’éclaircit.
Dans une vie, il y a des étapes, de toutes sortes. Une simple, pour moi, est le nombre des jours : il y a mille-soixante-trois jours que j’ai arrêté de me servir du feu pour manger. Six mois plus tard, j’ai décidé aussi d’arrêter de me servir du feu pour (…)
[ Aléa et illustré ]