Une anagramme de ailleurs la tête
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L’or des paysages
samedi 4 avril 2026, 22613e jour de mer, par
Lire Maître Eckhart est un grand bonheur pour peu qu’on ait — ou qu’on ait eu, même brièvement — l’expérience de ce dont il parle — et peu importe de trouver son chemin entre les différentes traductions, littérales, poétiques, modernes… le cœur saura traduire les traductions dans le silence de l’âme : les mots nous retournent le regard vers « le fond sans fond » (sermon 42, traduction de Laurent Jouvet), ce fond d’or, « le gris ou l’or de l’arrière-fond » qu’évoque R.M. Rilke dans ses « Notes sur la mélodie des choses » en parlant des peintures du Trecento : « Et il y a bien aussi des instants où un homme devant toi se détache calme et clair sur fond de sa splendeur » ou, plus loin, plus tard : « en réalité les ponts menant à l’autre, par où l’on vient d’un beau pas solennel, ne sont pas en nous, mais derrière nous, exactement comme dans les paysages de Fra Bartolomé ou de Léonard. Il est de fait que la vie se termine en aiguille dans les individualités. Mais c’est par les vallées plus larges que passe le sentier de sommet à sommet ».
Revenons à Maître Eckhart — plus exactement : revenons silencieusement à l’or des paysages et marchons vers le monde.
Post-Scriptum
« Parce que le fond ultime de tout être est un Fond insondable, tout ce qui lui apparaît vient s’abîmer dans la lumière obscure de la foi et du mystère. »
Edith Stein
[ Aléa et illustré ]
