Nous n’avons pas seulement à puiser en nous : il faut que l’eau scintille dans le puits — car elle y tombe en pluie autant qu’elle sourd de ses profondeurs. Cette eau parfaitement limpide et saisissante, par la magie des mains en coupe, ce sont les mots.
Les mots, bien sûr : des fleurs tombées, des météores, une bouche de volcan pour les articuler et, de l’autre coté, transluminescence, multiplicité, des visages penchés.
J’ai toujours vu la vie comme un chemin entre naissance et mort — (…)
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Vie
Articles
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Les cerises des mots
15 mai 2023, par Jean-Christophe Sekinger -
Aux limites du temps
30 juin 2022, par Jean-Christophe SekingerOn perd d’abord notre enfance puis, les années passant, on perd son temps, on perd nos illusions, on perd notre acuité, on perd la mémoire, on perd la souplesse, on perd ses dents, on perd ses cheveux, on perd son autonomie, on perd ses forces et, un jour, immanquablement, on perd la vie.
On y gagne de voir de plus haut (où il fait nuit et jour à la fois), on y gagne en patience de chercher ses mots ou de garder le silence, on y gagne aux couleurs des saisons, on y gagne de boire (…) -
« La fiole de rosée »
5 octobre 2023, par Jean-Christophe SekingerL’esprit souffle dans l’âme, qui souffle dans le corps, qui souffle alors sur l’encre qui dessine un arbre.
Le verre est une lave, il est incandescent. L’esprit souffle sa vie dans le verre du corps. Ce qu’il y a d’esprit dans le vaisseau de verre, nous l’appellerons âme.
« La fiole de rosée » qui s’élève au Soleil, redevient transparente, les gestes se font lents et quand le verre se brise, nous disons : c’est la mort. L’âme a rejoint l’esprit — et l’air a rejoint l’air. -
Petite vie
1er octobre 2023, par Jean-Christophe SekingerC’est dérisoire, certes. Déplacé peut-être. Mais je ne peux pas m’empêcher de signaler ces petites vies saccagées. Et de leur donner un peu d’eau. Il ne faut pas laisser la grande machine broyer les vies minuscules.
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Das Stilleben
16 avril, par Jean-Christophe SekingerSoudain, sans aucun bruit, les objets sont là, au centre de l’être, la présence calme des choses, das Stilleben.
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Accepter
5 mars, par Jean-Christophe SekingerAccepter, ne serait-ce qu’un instant, que la vie soit comme elle est. Cela veut dire que je m’y ouvre. Et que s’y trouve-t-il ? Parfois de la joie, des couleurs, de la lumière… Parfois du chagrin, des fantômes, de la nuit… Parfois des étoiles, des chemins, du silence… Parfois des larmes, des mains, du corps… D’autres fois, tout cela et d’autres choses encore. Un instant, accepter la vie comme elle est.
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Hommage
1er janvier, par Jean-Christophe SekingerIl a changé le cours de ma vie, il y a quarante ans, comme peu l’ont fait. Il est mort le 20 décembre 2025, après, d’ailleurs, soixante et une années de crudivorisme instinctif. Beaucoup de mal a été dit de lui. Je ne crois pas que tout était fondé, vraiment pas, et je vois qu’il y a eu beaucoup de mensonges : il a été sali, moqué, détruit, emprisonné, interdit et exilé. Peu de gens ont compris qu’ils avaient face à eux un homme profondément honnête et un chercheur courageux d’une vive et (…)
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Tant il nous offre de Ciel !
24 décembre 2025, par Jean-Christophe SekingerLa naissance de Jésus dans la paille de notre cœur est notre naissance en Dieu. Sa Parole est notre souffle, notre regard est Le Sien, et nos gestes, Ses étoiles. Dans La Main de notre Roi, notre vie est minuscule, tant il nous offre de Ciel !
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Je suis d’avant mon nom
24 septembre 2025, par Jean-Christophe SekingerJe suis d’avant mon nom d’avant mon âge, mes qualités et mes défauts. Je suis d’avant mes histoires d’amour, de vie. Je suis d’avant mes opinions, mes pensées, mes sentiments. Je suis d’avant mes dégoûts et mes engouements. Je suis d’avant mon visage, mon corps, mon cœur, mes cheveux rares et blancs, ma maladie et ma voix hésitante. Je suis d’avant le souffle même, d’avant la lumière et l’obscurité, dans l’indéterminé des choses, le tremblement qui les précède, lorsqu’elles apparaissent et (…)
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Dans le Silence illimité
13 juillet 2025, par Jean-Christophe SekingerLe bateau de la vie avance dans un brouillard épais et nul ne sait ce qu’il y a devant : en puissance, nous sommes donc tous mourant et, Dieu merci, statistiquement, j’ai vécu plus de temps que je n’en ai encore encore à vivre ; le brouillard se dissipe un peu, avec les années.
Vivre ici est devenu vraiment pénible. Je veux dire : dans ce corps, physique, socio-culturel, à cet endroit (Bordeaux) et à notre époque (le vingt et unième siècle). De jour en jour, l’épreuve est plus grande, la (…)
[ Aléa et illustré ]