Juste après qu’il soit né, ce petit d’homme a-t-il inspiré ? Il me semble qu’il n’a pas osé, qu’il a gardé repliés ses minuscules poumons. Enfin, un spasme douloureux les a ouvert comme des ailes, et le putto s’est envolé. Il est tombé, du nid, toujours tombé car ses ailes n’étaient pas bien formées : elles ont manqué d’air et de sang, (de désir de voler), manqué de « la corde de fer » qui fait la forte volonté. Après, il faut des années et des années.
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Pensée
Articles
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La corde de fer
1er juillet 2022, par Jean-Christophe Sekinger -
Aux limites du temps
30 juin 2022, par Jean-Christophe SekingerOn perd d’abord notre enfance puis, les années passant, on perd son temps, on perd nos illusions, on perd notre acuité, on perd la mémoire, on perd la souplesse, on perd ses dents, on perd ses cheveux, on perd son autonomie, on perd ses forces et, un jour, immanquablement, on perd la vie.
On y gagne de voir de plus haut (où il fait nuit et jour à la fois), on y gagne en patience de chercher ses mots ou de garder le silence, on y gagne aux couleurs des saisons, on y gagne de boire (…) -
À défaut d’aimer
7 septembre 2022, par Jean-Christophe SekingerPourquoi « l’amour-propre » est-il parfois si difficile ?
Il est certes facile d’aimer en nous-même ce qui nous plaît chez les autres et que nous nommons « qualités » — et même si d’aucuns les appellent des « défauts ».
Il y aurait beaucoup à dire de cette sorte d’amour de soi, mais le problème n’est pas là.
Il est par contre difficile d’aimer en nous-même ce que nous appelons des « défauts » — même si d’autres, toujours, les appellent des « qualités ».
On n’y croit pas. Il faudrait (…) -
Début de la 22776ᵉ journée
14 septembre, par Jean-Christophe SekingerOn est encore allongé. On n’a pas ouvert les yeux. Arrivent les premières pensées. Elles sont rares et claires, vont à l’endroit et à l’envers. Par « claires », je veux dire « comme de l’eau » : transparentes, évidentes pourtant, fluides et ténues : ce sont des fils d’argent que l’air pourrait briser.
Peu à peu, revient la masse du corps, par le bas, sa marée nous submerge lentement, il réordonne les pensées selon sa propre gravité : la causalité du poids des choses, leur pondération. Cela (…) -
« ni forme, ni figure »
17 juin, par Jean-Christophe SekingerCet arbre, ainsi je le décris, mais toi, depuis ton autre point de vue, avec d’autres suppositions, d’autres instruments de perception et de mesure, d’autres souvenirs, d’autres désirs — comment le décris-tu ? Et une fourmi, en dirait-elle que ce sont des pistes parfumées au fond de milliers de crevasses ? Et cette mésange qui sautille de branche en branche, y voit-elle un paradis ?
Cet arbre, quelle est donc sa réalité ? De ces différents points de vue, suppositions, instruments de (…) -
Il y rayonne et nous éclaire
12 juin, par Jean-Christophe SekingerTraversez la route quand une voiture arrive et vous verrez si « en réalité, il ne se passe rien ». Le corps (chair, sensations, émotions, sentiments, pensées…) est un fragile agrégat transluminescent qui peut être facilement trompé, menacé voire détruit. À quel endroit et à quel moment ne se passe-t-il donc rien ? juste dans ces pensées qui disent « en réalité, il ne se passe rien », pensées qu’un événement inattendu déchire dans le grand bruit de « il se passe une chose terrible » ; au (…)
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Jardin du monde
11 juin, par Jean-Christophe SekingerDégoûté ce matin par l’interrogatoire brutal mené par certains « enseignants » de Néo-Advaita, par la mise en demeure faite à l’intellect de se heurter à ses propres limites, ou, plus largement, par les absurdités et autres contorsions langagières, autoritaires et péremptoires, auxquelles cette démarche peut contraindre : Sous prétexte d’une investigation rigoureuse du « moi », ils font pleurer !— « ça pleure », « laisse pleurer »… si c’était de bonheur, d’accord, mais c’est plus souvent de (…)
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Le prêt
26 avril, par Jean-Christophe SekingerDans les secondes qui suivent sa naissance, ses petits poumons se déplient et le bébé prends sa première inspiration. Le corps qu’il a lui est prêté, ce corps et tout ce qui va avec, les différents attributs [1] qui en font une personne — pensées, émotions, désirs, volonté [2]… — et les sinuosités de son sillage — son histoire — tout cela est emprunté aux pissenlits, aux nuages, aux étoiles, aux ruisseaux, aux regards, aux idées, aux paroles, aux brumes, aux vagues, aux amours, aux dunes, (…)
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L’individu, pilier de la société
17 mars, par Jean-Christophe SekingerNe jamais oublier qu’une société, quelle qu’elle soit, est d’abord faite d’individus. Ces individus en sont les piliers, sans lesquels elle s’effondre. Un individu est, étymologiquement, ce qui ne peut être divisé. Restons donc intègres et que chacun, individuellement, ne se soucie plus que d’une chose : son propre étayage, lumineux, cristallin, la joie et le silence qui le vivifient et le protègent. Nous verrons alors ce que devient une société soutenue par de tels individus.
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Confiance
26 janvier, par Jean-Christophe SekingerDire que je suis conditionné… mais c’est d’accord ! Je vis à condition d’avoir un corps, conditionné par l’air, l’eau, feu et la terre, les conditions élémentaires. Oui !
Ma vie ? Trente mille à trente-sept mille… milliards de cellules et trente-huit mille milliards de bactéries — soit environ soixante-dix mille milliards de vies. Tout cela clignote et constitue ce que j’appelle « ma vie » : elle ne dure que dix à quinze jours pour les cellules de l’intestin, deux à quatre semaines pour (…)
[ Aléa et illustré ]