Nous n’avons pas seulement à puiser en nous : il faut que l’eau scintille dans le puits — car elle y tombe en pluie autant qu’elle sourd de ses profondeurs. Cette eau parfaitement limpide et saisissante, par la magie des mains en coupe, ce sont les mots.
Les mots, bien sûr : des fleurs tombées, des météores, une bouche de volcan pour les articuler et, de l’autre coté, transluminescence, multiplicité, des visages penchés.
J’ai toujours vu la vie comme un chemin entre naissance et mort — (…)
Accueil > Mots-clés > Écrire > Parole
Parole
Articles
-
Les cerises des mots
15 mai 2023, par Jean-Christophe Sekinger -
Les mains, le nid, la coupe
29 mars 2023, par Jean-Christophe SekingerSouvent, je me demande qui comprend ce que j’écris ? Et comment ? J’aimerais le savoir et écouter ce que tu dis, longtemps, assez longtemps pour être comme des mains ensemble, qui font un nid ou une coupe — accueillir les œufs bleus des paroles, recueillir l’eau du ciel.
29 mars 2023
jour 20511 -
Comme une voile blanche
5 novembre 2023, par Jean-Christophe SekingerLe corps est l’exact écho de l’âme, une onde circulaire dans l’argile du monde.
La parole monte et descend entre le corps et l’âme, comme les anges sur l’échelle dans le songe de Jacob.
Que le corps désobéisse à ses propres règles pour suivre celles que notre folie lui impose et il se perd, se dérègle, s’épaissit, s’opacifie, se pétrifie : « […] une marionnette cassée dont les yeux seraient tombés à l’intérieur » écrivit Emil Cioran — mais des yeux tournés vers le bas, salis, agglutinés. (…) -
« Air sans air »
10 juillet 2023, par Jean-Christophe SekingerAir sans air est le Ciel.
Espace sans espace où tout trouve sa place.
Temps sans temps.
Ni commencement ni fin :
Eternité.
E57–287
Dialogues avec l’ange -
Un chant
8 novembre 2023, par Jean-Christophe SekingerY a-t-il une musique qui ne mette en avant ni son compositeur, ni son parolier, ni son interprète ? Une mélodie dessinée et liée par les paroles et non l’inverse ? Des paroles dictées par la ferveur, à de lointains anonymes souvent ? Un chant modal et monophonique ? Sans rien qui vienne l’obscurcir : un chant qui ne parle que de, et depuis la lumière ?
Vous le trouverez bien.
Il me rappelle mon enfance, la droiture de ma grand-mère, la voix de basse de mon grand-père, la petite église (…) -
La parole donnée
8 octobre 2023, par Jean-Christophe SekingerL’esprit qui se condense est l’âme. L’âme qui se resserre est le corps. (l’âme est une buée sur la vitre du corps). Dans le ciel de l’esprit, un nuage de l’âme, Le corps est une pluie plus ou moins forte ou fine (averse ou bruine). L’esprit en est la source l’âme est une rivière le corps, un lit de pierres (et les pierres somnolent). Le plus léger de l’âme a une forme d’ange, le plus lourd est le corps (et il grandit encore). Le plus léger du corps est la parole donnée (…)
-
Blessure et plainte
10 juin, par Jean-Christophe SekingerToute expression plaintive de la souffrance, du soupir à l’accusation, la parole souffrante, se superpose à la lésion, l’amplifie et l’entretient.
Si on enlève cette plainte, que reste-il ? La lésion. Et même si elle semble détruire notre intégrité, est-elle toujours étendue ou dangereuse ?
Quoi qu’il en soit, pourrions-nous la voir clairement et la soigner sans la débarrasser des plaintes, accusations et soupirs qui la recouvrent ?
Et puis, la parole plaintive, nous fait-elle avancer (…) -
Les ossements des mots
29 décembre 2025, par Jean-Christophe SekingerTout ce qui est autour de nous est du passé. De quoi sont faites les briques du futur ? De passé. « Nous marchons sur des ossements » écrit Claude Gudin dans son « Histoire Naturelle de la Mort ». Mais il n’y a pas que le calcaire sous nos pieds, il y a les ossements des mots dans notre bouche. Nous parlons toujours du passé, nous avons peur du passé. Tous les mots, même le mot « Dieu », viennent du passé. Le mot « futur », lui-aussi, est tiré du passé, d’un ancien dictionnaire, d’un vieil (…)
-
Sur nos maladresses
9 août 2025, par Jean-Christophe SekingerEn peignant, il arrive immanquablement qu’une couleur ne soit pas tout à fait juste, ou que tel coup de pinceau soit un peu trop large — et ce sont toujours des excès : de prudence ou de zèle — mais parce que les repentirs laissent toujours des marques de dissimulation, il vaut mieux renoncer à la prétention de se corriger, qui ne revient en fait qu’à tenter vainement de faire illusion, et plutôt construire depuis ces erreurs qui sont la vérité de nos maladresses.
En résumé : il vaut mieux (…) -
Le chemin de la lumière
3 mars 2025, par Jean-Christophe SekingerLe chemin de la lumière jusqu’à toi, passe par mon cœur, mes émotions, contradictions, pages arrachées, phrases raturées, il se ramifie dans mes poumons, se resserre dans ma bouche, s’assemble dans une parole… portée par l’air entre nous, vers tes oreilles, bondissant sur tes hésitations et certitudes, par tes vallées, et altitudes, et, depuis la porte ouverte de ton cœur, elle traverse ta maison éclairée.
[ Aléa et illustré ]