Nous n’avons pas seulement à puiser en nous : il faut que l’eau scintille dans le puits — car elle y tombe en pluie autant qu’elle sourd de ses profondeurs. Cette eau parfaitement limpide et saisissante, par la magie des mains en coupe, ce sont les mots.
Les mots, bien sûr : des fleurs tombées, des météores, une bouche de volcan pour les articuler et, de l’autre coté, transluminescence, multiplicité, des visages penchés.
J’ai toujours vu la vie comme un chemin entre naissance et mort — (…)
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Mots
Articles
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Les cerises des mots
15 mai 2023, par Jean-Christophe Sekinger -
Une seule conscience
9 octobre, par Jean-Christophe SekingerQuelqu’un vous parle. Sa voix fait résonner les mots apparus dans sa conscience [1].
Ces mots apparaissent aussi dans votre conscience.
Ont-ils voyagé ? Ont-ils sautés d’une conscience à l’autre, de sa conscience à la vôtre ou n’y aurait-il qu’une seule conscience ? ces mots ne sont-ils pas apparus dans la conscience de celui qui les a prononcés, au moment et à l’endroit-même où vous les avez entendus — dans une seule conscience, de lui à vous ? Et ces mots, comment lui sont-ils donc (…) -
Seul Dieu nous aime infiniment
13 septembre, par Jean-Christophe SekingerJe ne comprends pas, moi, pourquoi vous cherchez une solution dans les mots. Je ne comprends pas, petit moi, personnage, apparence. Vous dites « toi » en regardant vers moi et cela me suffit. C’est indispensable que les fleuves descendent des monts aux mers et s’y diluent dans les alluvions et les cris des oiseaux, indispensable, la marée qui découvre les coquillages et, plus tard, repousse les fleuves. Elles sont indispensables les histoires et mémoires qui vont les unes vers les autres en (…)
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Les étiquettes
7 septembre, par Jean-Christophe SekingerNous apposons des étiquettes sur les choses — pas sur toutes bien sûr — et malgré notre application, nos dictionnaires et encyclopédies, nous nous trompons parfois, employons un mot pour un autre, nous avons mal lu, c’est l’âge, l’étiquette est partie, nous avons raturé. Résultat : on ne nous comprends pas forcément.
Il faut écrire lisiblement mais légèrement. Au crayon à papier pour pouvoir corriger.
Ne pas graver, pyrograver. Surtout, rester léger.
Joies, souffrances, bonheurs, (…) -
Blessure et plainte
10 juin, par Jean-Christophe SekingerToute expression plaintive de la souffrance, du soupir à l’accusation, la parole souffrante, se superpose à la lésion, l’amplifie et l’entretient.
Si on enlève cette plainte, que reste-il ? La lésion. Et même si elle semble détruire notre intégrité, est-elle toujours étendue ou dangereuse ?
Quoi qu’il en soit, pourrions-nous la voir clairement et la soigner sans la débarrasser des plaintes, accusations et soupirs qui la recouvrent ?
Et puis, la parole plaintive, nous fait-elle avancer (…) -
Au Soleil
28 mai, par Jean-Christophe SekingerIl ne s’agit pas de se débarrasser du « moi » (plus rien n’irait sans « moi » : je ne pourrais plus rire, plus prendre dans les bras…), ni en fait, de se débarrasser de « l’idée du moi » : ça n’est simplement pas en mon pouvoir, ça ne dépend pas de ma volonté qui fond comme neige au Soleil.
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Symétrie obscure
19 mai, par Jean-Christophe SekingerL’expérience de 1990 a donc été solaire, étincelante, aveuglante… mais son invraisemblable lumière a éclipsé un deuxième événement : obscur, celui-là, dangereux, terrifiant… Je n’ai jamais vraiment pu en parler, faute de le comprendre et par peur des interprétations qui auraient pu m’en être données. Mais en écoutant à l’instant le témoignage de Florine Soulié, répondant à Didier Weiss, et hier l’enregistrement d’un satsang donné par le même et au cours duquel, à deux ou trois reprises, il (…)
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… et le silence est là
12 avril, par Jean-Christophe SekingerCe soir, pour la première fois de la journée, j’ai chaud aux mains : douce radiation.
C’est une bonté.
Je ne vois pas de différence.
Si tous les mots pouvaient s’annuler, se fondre les uns dans les autres lorsque plus rien ne les différencie !
Quand tous les mots fusionnent et se déposent, on ne sait plus quoi dire et le silence est là. -
Les ossements des mots
29 décembre 2025, par Jean-Christophe SekingerTout ce qui est autour de nous est du passé. De quoi sont faites les briques du futur ? De passé. « Nous marchons sur des ossements » écrit Claude Gudin dans son « Histoire Naturelle de la Mort ». Mais il n’y a pas que le calcaire sous nos pieds, il y a les ossements des mots dans notre bouche. Nous parlons toujours du passé, nous avons peur du passé. Tous les mots, même le mot « Dieu », viennent du passé. Le mot « futur », lui-aussi, est tiré du passé, d’un ancien dictionnaire, d’un vieil (…)
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Quel que soit le nom
21 octobre 2025, par Jean-Christophe SekingerOn l’appelle « Dieu » ou « Royaume » ou de mille autres noms, ce ne sont que des mots : On voudrait évoquer le feu, mais on le fait avec la cendre.
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[ Aléa et illustré ]