Dormir. Puis, les yeux à peine ouverts, lire ce que le petit jour écrit en bleu sur la page des murs. Ouvrir les fenêtres.
La rumeur des voitures, comme la mer mais en fer.
Au loin, un pépiement.
Un tramway.
Un camion.
Deux cris d’une corneille.
Une moto.
Un tramway.
Une tourterelle.
Il faut bien écouter, déchiffrer, retranscrire (c’est difficile, les oiseaux sont perdus pour cette ville)
Quelques tierces mineures de sirène d’ambulance.
Claquements à l’envol des ailes d’un pigeon. (…)
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Journal
Articles
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Tout vivre de cette journée
17 juin 2022, par Jean-Christophe Sekinger -
Ailes
9 juillet 2022, par Jean-Christophe Sekinger« Je t’aime » est une parole qui ouvre les visages. Tandis que j’écris « parole », je vois un oiseau qui « s’envole » d’une âme à l’autre. Cette parole s’envole d’elle (ailes) et se pose sur lui, vive et légère. Le visage est ouvert comme un ciel. « Je t’aime » traverse les nuages du visage, ce ciel d’été, qu’il a toujours été, cette parole en y volant, le révèle. (ailes) Elle était posée sur les lèvres et se pose sur les doigts, prête toujours à s’envoler.
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Qui dira le bleu du premier jour ?
21 juillet, par Jean-Christophe SekingerQui dira le bleu du premier jour, la façon qu’ont les bruits de s’y ranger impeccablement ? Le roucoulement, la valise sur les pavés, l’acouphène, la porte claquée, la sirène d’ambulance, la voix, le grincement… tous inattendus et parfaitement dimensionnés, ajustés, scénarisés. Ajoute à ça les sensations physiques : raideur, froid, nœud coulant entre chaleur et pulsation, douceur vibratile, démangeaison volatile… astres éclairés dans la nuit étendue, poussières dansant dans la lumière, nuée (…)
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… et le silence est là
12 avril, par Jean-Christophe SekingerCe soir, pour la première fois de la journée, j’ai chaud aux mains : douce radiation.
C’est une bonté.
Je ne vois pas de différence.
Si tous les mots pouvaient s’annuler, se fondre les uns dans les autres lorsque plus rien ne les différencie !
Quand tous les mots fusionnent et se déposent, on ne sait plus quoi dire et le silence est là. -
Tulipe de Silence
30 mars, par Jean-Christophe SekingerOui, en 2014, un samedi 5 avril à 10h54, j’ai écrit « Je garde le silence et le silence me garde car nous sommes précieux l’un pour l’autre ». Je ne peux pas mieux dire. Me taire maintenant, et balayer la cuisine.
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Me revoilà seul
28 mars, par Jean-Christophe SekingerMe revoilà seul. Samedi 28 mars 2026. Je ne sais même plus ce qu’elle a dit. Il n’y avait, de ma part, que chagrin, colère et détermination, et de sa part aussi, chagrin, colère et détermination. Mais je n’ai pas voulu parler encore une fois, dérouler la corde des psychodrames, tendre un miroir brisé.
Finalement, j’ai préféré passer pour un salaud que d’avoir à répondre encore à ses « demandes légitimes », préféré perdre tout ce qu’il y avait de beau chez elle, dans la forêt où elle (…) -
La retraite
6 mars, par Jean-Christophe SekingerVoici venu le moment de solder les comptes de ma vie socioprofessionnelle. Elle va se terminer. C’est un bon moment, jamais vécu encore : revisiter mon histoire sous cet angle, remonter le courant jusqu’à mes seize ans et ensuite, tout redescendre jusqu’à maintenant.
Avec ces souvenirs m’en reviennent mille autres, dont j’avais oublié la plupart — soit qu’ils ne m’aient pas paru importants (alors que chacun l’est) soit que j’ai préféré les oublier. Quoi qu’il en soit, bon gré mal gré, je (…) -
Tout le monde est là !
17 décembre 2025, par Jean-Christophe SekingerAujourd’hui, dans le calendrier julien, c’est le mercredi 17 décembre 2025.
De ma petite histoire aérienne, c’est le matin 22505.
Dans cette gloire timide de la lumière de l’aube, c’est le Jour.
Je parle avec ma mère,
elle est la part de moi qui a peur de la mort
et que je berce.
J’ai tant de visages et de voix, de langues étrangères et de corps différents,
de scintillements dans les vitrines, de nuages gris et de bruine légère !
Tout le monde est là ! -
Le pardon
18 novembre 2024, par Jean-Christophe SekingerPetit jour 22111
Rien ne doit empêcher le pardon.
L’eau est la vie, horizontale.
Le pardon est la vie, verticale. -
La lutte, la dette et l’amour
10 novembre 2024, par Jean-Christophe SekingerVoilà quatre jours que nous avons lutté. Tu n’es plus là et j’ai toujours mal. Tant et plus. Comme si tu me frappais encore plus fort et sans cesse. Que dois-je donc apprendre ? À déposer les armes de ma volonté et de ma peur ? J’accepte cette souffrance, je sais bien que je suis endetté. Je t’aime mon fils. Qu’à travers nos épreuves, la lumière et l’amour de Dieu nous éclairent et nous rassurent, que ses anges nous gardent et nous portent.
[ Aléa et illustré ]