Le corps est l’exact écho de l’âme, une onde circulaire dans l’argile du monde.
La parole monte et descend entre le corps et l’âme, comme les anges sur l’échelle dans le songe de Jacob.
Que le corps désobéisse à ses propres règles pour suivre celles que notre folie lui impose et il se perd, se dérègle, s’épaissit, s’opacifie, se pétrifie : « […] une marionnette cassée dont les yeux seraient tombés à l’intérieur » écrivit Emil Cioran — mais des yeux tournés vers le bas, salis, agglutinés. (…)
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Corps
Articles
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Comme une voile blanche
5 novembre 2023, par Jean-Christophe Sekinger -
Souffler doucement
12 octobre 2023, par Jean-Christophe SekingerSe creuser — pour laisser toute la place à la bonté, la beauté, la justesse et la justice : la lumière invisible. Parfois la vie est étouffée, coupante, et le corps, lourd ; alors il faut creuser encore et souffler doucement sur l’étoupe des peines, dans le nid de nos mains.
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Corps-monde, amour-ciel
29 juillet, par Jean-Christophe SekingerIl s’agit de revenir à ce moment de la toute petite enfance, quand amour et nourriture n’étaient pas séparés, et apprendre enfin, paisiblement cette fois, dans la confiance, que la vie n’est PAS inconditionnellement bonne : il y a des conditions et elles sont justes ! S’engager sur un chemin différent de celui que nous avions pris alors. Un chemin singulier dont nul ne sait où il va. On apprend que la vie n’est pas inconditionnellement bonne, qu’elle est seulement juste, exacte, précise et (…)
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« ni forme, ni figure »
17 juin, par Jean-Christophe SekingerCet arbre, ainsi je le décris, mais toi, depuis ton autre point de vue, avec d’autres suppositions, d’autres instruments de perception et de mesure, d’autres souvenirs, d’autres désirs — comment le décris-tu ? Et une fourmi, en dirait-elle que ce sont des pistes parfumées au fond de milliers de crevasses ? Et cette mésange qui sautille de branche en branche, y voit-elle un paradis ?
Cet arbre, quelle est donc sa réalité ? De ces différents points de vue, suppositions, instruments de (…) -
Blessure et plainte
10 juin, par Jean-Christophe SekingerToute expression plaintive de la souffrance, du soupir à l’accusation, la parole souffrante, se superpose à la lésion, l’amplifie et l’entretient.
Si on enlève cette plainte, que reste-il ? La lésion. Et même si elle semble détruire notre intégrité, est-elle toujours étendue ou dangereuse ?
Quoi qu’il en soit, pourrions-nous la voir clairement et la soigner sans la débarrasser des plaintes, accusations et soupirs qui la recouvrent ?
Et puis, la parole plaintive, nous fait-elle avancer (…) -
Le monde avançait lentement
12 mai, par Jean-Christophe SekingerJe marchais.
Autrement dit : ce corps marchait, sur place, et le monde avançait lentement dans la Transparence et le Silence.
Monde semblable aux laisses des marées : ordures oubliées, goémons, coquillages, cordes et bois flottés.
Autrement dit encore : le monde est tout d’orgueil et d’abandon, grandes douceur et violence, de lassitude et volonté, tout de grandeur et de beauté…
… et le Soi n’a jamais bougé. -
Le prêt
26 avril, par Jean-Christophe SekingerDans les secondes qui suivent sa naissance, ses petits poumons se déplient et le bébé prends sa première inspiration. Le corps qu’il a lui est prêté, ce corps et tout ce qui va avec, les différents attributs [1] qui en font une personne — pensées, émotions, désirs, volonté [2]… — et les sinuosités de son sillage — son histoire — tout cela est emprunté aux pissenlits, aux nuages, aux étoiles, aux ruisseaux, aux regards, aux idées, aux paroles, aux brumes, aux vagues, aux amours, aux dunes, (…)
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Le grand cœur du ciel
3 mars, par Jean-Christophe SekingerEmpli de moi-même — de « moi-m’aime ». Sans cette inclination, ce penchant, qui suis-je, que suis-je, que reste-t-il ? Un vide accueillant, limpide et vivant : mille lumières de toutes les couleurs et clignotantes, laisses de mer sur mes mains vieillissantes.
Cette simplicité n’est pas dans « le petit moi-même » : c’est celui-là qui est en elle, dans le silence et la lumière.
Le jour fait pâlir mon bavardage : déjà, je ne sais plus ce que je dis. D’ailleurs, nul besoin pour « le petit (…) -
Recomposer le corps et son monde
13 novembre 2025, par Jean-Christophe SekingerÀ chaque instant, je recompose le portrait-robot de mon visage d’après celui que j’entrevois, inversé de gauche à droite dans les miroirs, les vitrines, les regards portés sur ma petite personne et les descriptions qui m’en sont faites, je fais de même avec mon corps, que je ne vois jamais entier, toujours sans dos, toujours sans tête et retourné de bas en haut [1], je le fais aussi du sol sous mes pieds, à chacun de mes pas sur cette îlot mouvant, je le fais du monde que j’éprouve et, a (…)
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Je suis d’avant mon nom
24 septembre 2025, par Jean-Christophe SekingerJe suis d’avant mon nom d’avant mon âge, mes qualités et mes défauts. Je suis d’avant mes histoires d’amour, de vie. Je suis d’avant mes opinions, mes pensées, mes sentiments. Je suis d’avant mes dégoûts et mes engouements. Je suis d’avant mon visage, mon corps, mon cœur, mes cheveux rares et blancs, ma maladie et ma voix hésitante. Je suis d’avant le souffle même, d’avant la lumière et l’obscurité, dans l’indéterminé des choses, le tremblement qui les précède, lorsqu’elles apparaissent et (…)
[ Aléa et illustré ]